The english version will follow.
Avant toute chose, il est nécessaire de dire que je ne vise personne ni du comité organisateur ni des participantes, car j’ai passé un très beau rassemblement dans l’ensemble. Je n’ai que des fleurs à lancer au comité organisateur qui m’ont fait vivre des moments extraordinaires.
Malgré cela, j’ai une frustration à vous exprimer. Elle aurait dû être dites lors de la plénière, mais, à ce moment, j’avais le sentiment de ne pas avoir le droit ou l’opportunité de le faire. Le processus d’adoption du manifeste s’étant déroulé pratiquement qu’en anglais, pour pleins de bonnes raisons techniques, je me suis sentie exclue de celui-ci malgré la traduction simultanée.
Premièrement, parce que même si je comprends pourquoi le manifeste a été rédigé qu’en anglais, j’ai trouvé la situation très frustrante et brimante pour les francophones. En plus, de manquer des nuances très importantes, j’avais le sentiment que les spécificités du mouvement féministe anglophone étaient plus présentes, autant dans le premier jet du manifeste que dans le deuxième. Surtout que les résultats de la plénière francophone n’ont pas été repris dans la deuxième version.
Deuxièmement, pendant l’adoption du manifeste, j’avais le sentiment très fort d’être exclue du processus, tellement que je me suis sentie plus observatrice que participante. De plus, même la traduction, qui était quand même bien faite, ne reflète pas, à mon sens, les discussions des francophones pendant le rassemblement.
Troisièmement, tout au long de la fin de semaine, nous avons tenu compte le plus possible de la diversité de notre mouvement, malgré cela, j’ai très peu sentie d’acceptation ou de reconnaissance de la spécificité québécoise. Étant minoritaire, les unilingues francophones étaient très souvent exclues des discussions qui se déroulaient très souvent en anglais. J’espère encore que la version française du manifeste officiel me permette de me sentir incluse, mais mes espoirs sont petits. De plus, je ne sais pas si j’utiliserai le manifeste, même pour créer des outils de mobilisation ou de sensibilisation dans mon milieu.
Finalement, pour toutes ces raisons, je vais ni signer ni défendre le manifeste et j’aurais beaucoup de difficultés à me sentir interpellée par un autre rassemblement pancanadien de jeunes féministes dans l’avenir.
Amélie Charbonneau
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First and foremost, I find it necessary to specify that on the whole I found the gathering very enjoyable, and so do not wish to critize either the organizing comittee or the participants. I have lived some truly extraordinary moments and can only praise everyone’s work.
However, I feel a certain frustration and the need to express it. I should have done so during the plenary, but at the time I felt that I had neither the right nor the opportunity to communicate my views. Since the adoption of the manifesto took place almost entirely in English, for very justified technical reasons, I felt excluded from the process in spite of the simultaneous translation.
Because, for a start, even if I understand why the manifesto was only written in English, I found that situation to be very frustrating and aggravating for the French-speaking participants. Not only did the manifesto fail to make very important nuances, but I also found that it mainly addressed the specificities of the English-speaking feminist movement, as much in the first draft as in the second. Especially since the results of the French-speaking plenary were not included in this last version.
Secondly, during the adoption of the manifesto, I felt strongly that I was being excluded from the process, to the point that I had the feeling of being more of an observant than a participant. I found that even the translation, however good it was, did not reflect the richness of the discussions between French-speakers that took place during the gathering.
Thirdly, throughout the weekend, we made efforts to take into account the incredible diversity of our movement; however, I felt very little acceptance or recognition of the Québec specificity. Due to the fact that they constituted a minority, the unilingual French-speakers were excluded from discussions which often took place exclusively in English. I still hope that the French version of the official manifesto will allow me to feel included, but my expectations are low. Furthermore, I don’t know if I will be using the manifesto, even to mobilize or raise awareness within my own community.
Lastly, and for all these reasons, I will neither sign nor defend the manifesto and I will find it very difficult, in the future, to feel compelled to participate in another edition of the Pan-Canadian Young Feminist Gathering.
Amélie Charbonneau
Commentaires
Manifeste
Je partage l'opinion de Amélie sur le point du manifeste. Les modifications majeures discutées lors de la première plénière des francophones n'ont pas été ajoutées sur l'heure du dîner. Ça m'a donné l'impression que notre avis n'a pas été prix en considération. Nous avons dû suggérer de nouveau ces modifications en grand groupe, ce qui nous a fait perdre beaucoup de temps.
Christine Bernier
re:manifeste
Je comprends ce que vous dites, mais je comprends également l'ampleur du travail qu'a dû faire le comité manifeste. Il y avait des tas de propositions de modifications apportées par la plénière francophone, et j'imagine autant dans la plénière anglophone. Pour ma part, j'ai remarqué que beaucoup des modifications proposées en français ont été intégrés au texte du manifeste. On ne pouvait pas s'attendre à ce que tous les détails soient intégrés dans le texte en moins de deux heures! Surtout que les filles devaient être pas mal fatiguées d'avoir travailler toute la nuit d'avant! Et c'est difficile de travailler sur deux langues en même temps. Je pense que le possible a été fait!
Re: manifeste
Je remarque que la version finale comprend beaucoup plus de modifications faites en plénière que la version présentée lundi après-midi et remercie le comité manifeste pour cela, comme pour l'ensemble de leur travail d'ailleurs.
Je suis néanmoins très déçue de continuer à voir les 'À bas', les 'Rebellons-nous contre' et les 'Révoltons-nous contre' au lieu des 'nous souhaitons', tel que suggéré en plénière francophone et re-suggéré en grand groupe (que nous n'avons malheureusement pas eu le temps de débattre). C'était un truc majeur à mon avis. Formuler d'une façon positive incite davantage les gens à passer à l'action et décolle l'image de chialeuse-frustrée au féminisme.
Et une fois que nous avons chialé, protesté, que nous nous serons rebellées, 'nous fâcher, refuser, résister, claquer la porte, riposter', on fait quoi maintenant? On devait absoluement mettre autant de trucs négatifs pour formuler si peu de 'nous allons' positifs? C'est le genre de truc qui bloque les gens à se rallier à notre cause, et je les comprends.
Bien que je reconnaisse le travail fait par le comité, je ne signerai pas un tel manifeste.
Christine Bernier